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Le futur sera augmenté

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Cela fera bientôt 15 ans que les Google Glass sont apparues sur le marché, et ont disparu presque aussi rapidement. Pour toute une série de raisons, allant du prix à la maturité dudit marché, cette première tentative de lunettes augmentées n’a pas pris, malgré tout ce qu’elle avait de prometteur. C’est finalement Meta qui y est parvenu…

Lorsque Facebook (à l’époque) introduit ses premières Ray-Ban Stories en 2020, c’est dans le cadre d’un lancement incluant la réalité virtuelle de ses Oculus, avec le metaverse pour horizon. Plus modeste, donc. Qui plus est, ces premiers modèles permettent surtout de filmer ou de prendre des photos. Pourtant, ce format, ludique, prend.

Au fil des modèles, la qualité de prise de vue s’améliore, mais le concept reste le même : simple. Jusqu’à septembre 2025 et l’introduction des Meta Ray-Ban Display. Comme son nom l’indique, cette dernière version comporte maintenant un écran, projeté sur la lunette droite, et permet ainsi, pour la première fois, une réelle expérience augmentée. Rapidement en rupture de stock aux États-Unis, le reste du monde les attend toujours…

Les premières applications imaginées par Meta, telles que le fait de se déplacer à vélo avec une carte interactive, sont déjà intéressantes. Mais il ne faut pas être extralucide pour envisager des cas de figure plus ambitieux, et plus lucratifs. Si l’on applique le concept au retail, de luxe ou non d’ailleurs, on peut aisément imaginer une situation où le détenteur de ces lunettes augmentées marche près d’un magasin Chanel, jette un simple coup d’œil à la devanture et voit apparaître sur sa lunette des informations personnalisées sur les produits qui y sont présentés : les modèles disponibles à sa taille, ceux en promotion, ceux correspondant à ses préférences d’achat, des suggestions complémentaires…

Si tout ceci n’existe pas encore tout à fait, a fortiori dans le luxe, ce n’est réellement qu’une question de temps. Il va d’abord falloir que ces lunettes soient plus largement distribuées, bien sûr. Il va ensuite falloir que les infrastructures de données dynamiques soient implémentées de façon transverse par les marques. Il va enfin falloir que les maisons de luxe trouvent la forme la plus élégante d’intégration du dispositif dans leur expérience client globale. Quelques étapes, donc, et quelques moyens à mettre à disposition, certes.

Mais une certitude : une telle intégration changera résolument la donne pour les marques, et pourrait incidemment rendre au commerce physique une partie de ses lettres de noblesse. Augmentées.

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